l’ennui, posture au réel
La difficulté du DSAA consiste à mettre en œuvre une réflexion autour d’une thématique de recherche, en l’abordant dans ses aspects les plus conceptuels, les plus symboliques, tout en s’interrogeant sur une pratique de designer que l’on pourrait mettre en place à son égard.
Ennui et design
Inaction et création
Improductivité et fabrication
Dans mon projet, l’ennui est investi comme atmosphère, une manière d’être par rapport au réel, une certaine façon d’appréhender les choses, en une poétique de l’inaction.
Je cherche ainsi à m’interroger sur la production dans l’ennui. L’ennui, espace-temps qualifié de blanc, de néant, de vide, peut-il être exploité comme moment et moyen de fabrication, comme processus créatif ?
Il n’existe pas dans ce projet de réponse directe, ni même d’application ou une gamme de produit évidente. Mais je cherche avant tout par ce projet et dans mes diverses expérimentations à provoquer une déconnexion, mettre en place de petites stratégies qui feront basculer « l’usager » vers un laisser-aller de l’esprit.
Donner à saisir ce temps dilaté, appuyer ce temps que l’on peut qualifier de perdu pour en capter les richesses et enfin lui donner un statut. Instiller un léger détachement aux choses, un léger moment en suspens. Ainsi, proposer des supports d’incitation dans lesquels vont se perdre un léger temps les utilisateurs.
Ma réflexion quant au design (gamme de produit, service, urbanisme, espace, etc…) sera donc ancré autour de cette idée de « supports d’incitation » à une errance, à une évasion, une divagation, une déconnexion.
Beaucoup de domaines d’application seraient recevable, en cela réside toute la difficulté d’en choisir un. Je pense aujourd’hui intervenir autour de la poche, dans laquelle on manipule, plie, tord, froisse, dans laquelle la main triture des bouts d’objets. Mon travail consisterait tout d’abord à expérimenter par différentes techniques textiles la communication des gestes du fond de la poche, pour ensuite donner lieu à une gamme de poches, voir à une collection de vêtement autour d’une transparence de la poche, laissant voir ces gestes automatiques, ces gestes perdus, et ces bouts de riens, ces objets/non-objets qu’on y conserve.